© Odile Jacob
L’instinct maternel est-il un mythe ? C’est une aberration qui faut laisser à la femelle animale : elle s’occupe de ses petits tant qu’elle a du lait, puis les ignore quand il se tarit. Mais être mère n’est pas instinctif. L’attachement pour l’enfant se tricote au jour le jour. Cela ne va pas de soi et la majorité des femmes fait son maximum pour être une bonne mère.
Ne pas culpabiliser
Sans enfant et culpabilité
Avoir des enfants, c’est donc un choix, et non une évidence ? C’est fondamental de pouvoir choisir de ne pas avoir d’enfant, car les enfants contraints n’ont toujours pas une vie simple. Avant la contraception, certaines femmes ressentaient une frustration telle qu’on ne peut l’imaginer aujourd’hui... Tant mieux que certains enfants ne naissent pas aujourd’hui, cela les rendrait malheureux eux, ainsi que leurs parents. Reste que ce n’est pas parce qu’on fait le choix d’avoir un enfant qu’on va être une bonne mère et savoir s’y prendre.
Ces femmes qui ne veulent pas d’enfant sont souvent mal vues... Elles ne doivent pas culpabiliser, bien au contraire. Elles sont en fait plus responsables que la plupart des mères qui ne se posent parfois pas la question de savoir si elles veulent vraiment un enfant ou simplement être enceinte. Qui suivent le schéma normal « mariage, bébés ». Celles qui y renoncent ont fait le calcul des plaisirs et des peines liés à la maternité. Elles ont évalué un certain nombre d’engagements, de problèmes qu’elles pensaient ne pas pouvoir tenir, ce qui est remarquable. C’est une forme de maturité extrême de renoncer à devenir mère quand on ne le désire pas. Il faut leur ficher la paix, ne pas les juger.
